Conférences

Une conférence d’Alain Pigeard.

« La vie du soldat impérial » ou une conférence d’Alain Pigeard

Mercredi 2 mars, le souvenir napoléonien nous a offert une superbe conférence sur la vie du soldat du 1er Empire menée sous la direction de Monsieur Alain Pigeard, docteur en Histoire et en Droit, auteur d’une quarantaine de livres traitant du 1er Empire et dûment récompensé pour l’ensemble de son œuvre. En qualité de membre du souvenir napoléonien, nous étions donc invités à assister à cette conférence qui se déroulait au cercle des officiers de la garnison de Strasbourg.

Personnellement, le sujet m’intéressait au plus au point car c’est celui qui m’occupe lorsque, notamment, je fais des interventions scolaires. Ce faisant, je voulais mesurer, bien modestement, mes connaissances acquises et basées d’après nombre de recherches heuristiques comme il se doit. Enquêteur de formation, il m’est un devoir de ne pas me baser sur des « on-dit », voire même des photos, des tableaux ou des biographies. Ces dernières, sont souvent écrites bien longtemps après les faits et l’homme à tendance à enjoliver tel ou tel fait, à ne retenir que certains ou à en minimiser d’autres. Parfois même, les faits relatés sont  inventés. Ce fut le cas des mémoires de la duchesse d’Abrentès qui firent dire de l’ouvrage qu’il s’agissait des mémoires de la duchesse d’Abracadabrantès.

Nous étions donc le 2 mars au soir et notre Gérard de président toujours curieux, vint me retrouver à mon domicile fixe, coincé entre les Vosges et la Forêt-Noire. Puis, nous partîmes ensemble vers l’adresse citée supra, sise en plein centre de Strasbourg, à deux pas de l’endroit où fut composée notre hymne national : « La Marseillaise » au 126 Grand-rue et, encore plus près, de l’endroit où elle fut chantée pour la première fois le 25 avril 1792 alors que la France venait de déclarer la guerre à la Bohême et à la Hongrie.

Arrivés sur place, nous nous dirigeâmes vers la salle de conférence dans ce magnifique bâtiment militaire si chargé d’Histoire depuis le XIIIe siècle. Dans ces vénérables murs, Alain Pigeard avait toute sa place.

Discrètement, nous nous assîmes cherchant cependant du regard celui de notre ami tout affairé aux préparatifs de son exposé. Il ne fallut pas attendre très longtemps pour que cela se fasse. Un bref échange de regards et de mots entre Gérard et l’hôte de ces lieux valurent toutes les politesses et les reconnaissances que l’on ne peut parfois exprimer.

Puis la conférence débuta et dura bien plus que l’heure prévue. Tout y passa depuis la loi Jourdan sur la conscription jusqu’à la mise à la retraite en passant par la vie en caserne, l’école du soldat, la vie en campagne, au bivouac, la mort au champ d’honneur ou pire, la blessure et l’hôpital de campagne. Ce fut un exposé clair, concis, précis, dirigé par un maître en la matière. C’était un régal pour les yeux et les oreilles. Tout y était et notamment l’intendance, encore à l’état primitif, et la dure façon pour les troupiers de se nourrir comme ils le pouvaient avec ce qu’ils trouvaient. La débrouille, le système D à la française.

Moult détails y étaient évoqués des plus simples et prosaïques aux erreurs des peintres comme très justement évoqué concernant le tableau montrant « l’Empereur au chevet du maréchal Lannes agonisant » oeuvre de Boutigny. Détail d’importance pour l’historien, on y voit ce pauvre Lannes amputé de la jambe droite alors que ce fut la gauche qui avait été blessée. Souci d’esthétique du peintre qui composa un tableau et non une photographie historique. Voilà pourquoi, il ne faut jamais se fier aux images comme s’en contentent de trop nombreux historiens du café du commerce et du dimanche.

Pour une fois, l’Empereur n’était pas invité, à peine les grandes figures de l’Empire étaient présentes. Comme il avait été dit justement en préambule, on trouve tout ce qu’on veut sur Napoléon, ses batailles et le reste sur le net ou dans les bibliothèques. Seul une dizaine de livres traitent du sujet évoqué ce soir et pourtant combien important. Il faut savoir que l’Alsace a donné 8% des contingents de l’armée impériale.

 

J’étais heureux et j’écoutais avidement et je me suis aperçu avec bonheur, sous la haute autorité de notre conférencier, que je ne racontais pas que des bêtises tenant le même discours que cet éminent spécialiste.

C’était une bien belle soirée et Gérard notre président, était aux anges. Il faut dire que, pour l’avoir côtoyé, Monsieur Pigeard, c’est une pointure dans son art !

Campagne

 

 

 

 

 

 

 

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