Epilogue

Passés sous les ordres de Louis XVIII, les valeureux grenadiers de la Garde restèrent muets face au souverain. Sommés de faire allégeance au nouveau souverain, ils crièrent « vive le roi ! » au premier rang et « de Rome ! » au dernier. Ils se sentaient trahis plus que vaincus. Ils reprirent du service au palais des Tuileries mais n’y restèrent pas huit jours. Pour le pouvoir en place, il fallait conquérir cette Vieille Garde ou la licencier. On n’osa pas y toucher. On la flatta comme une maîtresse jalouse. On lui promit beaucoup de choses mais on lui enleva les couleurs nationales, flétrissant ainsi ceux qui depuis vingt-cinq ans les avaient couvertes de gloire par le sang versé dans les poussières de l’Europe. Les régiments brûlèrent leurs aigles au lieu de les rendre.

Les deux régiments de grenadiers de la Vieille Garde prirent la qualification de « Corps royal des grenadiers à pied de France » le 1er juillet 1814 auquel on intégra également le régiment de fusiliers-grenadiers de la jeune-garde sous le nom de 3e régiment du corps royal. Leur solde avait été réduite à 0,80 F/jour au lieu des 1,16 F pour les anciens du 1er grenadier, 0,65 F/jour pour les anciens du 2e grenadier au lieu de 0,80 et 0,55 F/jour pour les anciens fusiliers-grenadiers. Ils étaient alors sous les ordres du lieutenant-général comte FRIANT.

Napoléon débarqua ensuite à Golfe-Juan le 1er mars 1815 et commença sa remontée vers la Capitale. Jusqu’à La-Mure, rien ne se passa. Seuls, un gendarme et un fantassin rejoignirent la petite troupe. Puis les ralliements se firent en masse jusqu’à Paris. L’ex Garde, cantonnée dans ses casernements, n’ayant pu suivre, Drouot improvisera une Garde Impériale provisoire le 20 mars 1815 avec les éléments montés depuis Golfe-Juan. Le 21, Napoléon alors à Paris décréta « La Garde impériale est, dès à présent, rétablie dans ses fonctions et prérogatives : elle ne pourra plus être recrutée que parmi les hommes ayant servi dans les armées françaises. » Un second décret daté du 8 avril réorganisa la Garde. L’article 1er dudit décret précisait, qu’outre le 1er et le 2e grenadier à pied, un 3e régiment était mis sur pied. Ces régiments furent toujours à deux bataillons de quatre compagnies de cent cinquante hommes, tous grades confondus sur le pied de paix et deux cents hommes sur le pied de guerre. Pour y être admis, l’article 22 précisait qu’il fallait alors douze ans de service. Le général FRIANT commandait alors les grenadiers.

Le 9 mai était créé un 4e régiment de grenadiers avec des hommes pris dans la ligne (source A. Pigeard). Le 1er juin, le Moniteur indiquait que l’on avait augmenté la Vieille Garde de trois bataillons. Le 18, le désastre de Waterloo fut consommé vers vingt heures. La Vieille Garde était rangée en carré et, protégeant la vie de l’Empereur, faisait retraite en bon ordre sur Rossomme, à quelques lieux du champs de carnage, au milieu des fuyards, puis s’en retourna vers Paris.

Louis XVIII fut remis sur son trône par les puissances alliées et, sur la base d’un décret qu’il prit à Lille alors qu’il s’enfuyait vers Gand, licencia d’un trait de plume toute l’armée française. La Vieille Garde cessa d’exister en septembre 1815. Le 11, le 1er régiment sera définitivement licencié. Le 24, ce sera le tour du 2e et des éphémères 3e et 4e régiment. Elle laissa la place à sa légende.

 

 

 

 

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