Open Air Uffholtz 29 juin

Echo de campagne

Open air Uffholtz

 

 

Le 29 juin s’est déroulé à Uffholtz un concert Open-air. Des mois de travail virent leur aboutissement durant quelques heures d’une petite soirée. Mais quelle soirée ! Tout avait été organisé aux petits oignons : l’espace public, la restauration, la publicité, les subsistances des musiciens, la scène et bien sûr le concert en lui-même.

29 juin au matin. Après un mois de juin qui n’avait rien à envier au mois de mai. Il pleuvait des cordes, à seau, des hallebardes, des chats et des chiens. Tant et si bien qu’à treize heures, je m’enquis auprès de notre trésorier des conditions météos qui régnaient au-dessus d’Uffholtz. C’est normal puisque, étant notre financier, c’est lui qui fait la pluie et le beau temps. Stéphane me rassura en ce qu’il s’était arrêté de pleuvoir depuis une heure au-dessus de Mulhouse.

Rassuré, je pris ma « chariotte ferrée avec point de bœufs pour tirer » et je descendis dans le Haut-Rhin où effectivement, je trouvais les grognards en pleine répétition déjà en compagnie des musiciens du 1er régiment de tirailleurs d’Epinal. Tout autour de nous, s’affairaient déjà les bénévoles de l’AGSEU et du foyer Saint Erasme. Toutes ces petites mains qui feront, si le temps se maintient, que tout irait bien et la soirée promettait d’être réussie. Nous n’attendions plus que les « pipes », les cors de la Haute-Thur et surtout le public.

Lorsque tout le monde fut réuni, chacun s’affaira à sa répétition selon un calendrier prévu à cet effet. Vers 16 heures 30, nous répétâmes le final puis, jugeant que tout était en place nous prîmes un repas en commun. Nous étions aux petits soins avec nos hôtes.

18 heures 30, Bertrand jette un œil dehors. La cour de la salle Espérance qui pour ce soir portait bien son nom, se remplit. Christelle, très en verve, et notre grenadier laisse encore passer quelques minutes au grand dam d’Alain pour qui l’heure c’est l’heure et qui semble ignorer qu’on peut parfois aussi se faire attendre pour faire monter l’ambiance et que là, nous ne sommes pas dans une salle de spectacle.

Il fait encore jour. Il y a du monde. Rémy est à la technique et ouvre les micros. Nos deux compères montent sur scène et ouvrent le bal. « Mesdames, mesdemoiselles, Messieurs. Ce soir, c’est un concert exceptionnel, unique qui va vous emmener dans les Alpes, en Ecosse, en voyage… » Nous y sommes. Les grognards montent sur scène et entame leurs morceaux les uns derrière les autres. Christelle anime entre chaque morceau et le temps passe. On prie les deux animateurs de se dépêcher. « Ben, il ne fallait pas nous demander d’animer alors ! Je vous jure ! » Le premier tableau se passe et entre en scène les tirailleurs d’Epinal en tenue tradition de l’armée d’Afrique aux ordres du major Fleck et nous sommes tous bluffés. Bluffés par leurs uniformes tellement chargés d’histoire, leur discipline toute militaire et la justesse de leur musique. Un premier morceau qui ne satisfait pas le major. Qu’importe ! On se ré-accorde. On recommence et s’est encore plus beau. Pourtant, ce n’est que l’apéritif.

Et ce n’est que l’apéritif.

Entre en scène ensuite, les cors de la Haute-Thur sous la direction de Guy Herrgott. C’est un passionné et ça se sent. Moi, je suis fasciné par ses magnifiques instruments en bois d’arbre, longs de trois ou quatre mètres et aux sonorités si particulières. J’admire surtout les deux jeunes filles dont une est menuisier, en train de faire son compagnonnage et qui a construit son instrument elle-même.

Les morceaux originaux de cors se suivent alors que la lumière commence à décliner. L’ambiance se resserre entre la scène et le public. Elle se fait plus intime.

Les lampions de la scène s’allument et viennent les « caledonian pipe band » avec leurs cornemuses, leurs uniformes tirés à quatre épingles et leur kilt mythique, un tartan du clan des McLoed paraît-il ! Elles portent, elles aussi, avec leur son si caractéristique et emportent le public.

On demande à Christian, le président du « pipe band », pourquoi un groupe écossais à Bâle. « Mais parce qu’on aime la musique tout simplement ! » Répondit-il. Comme quoi la musique est vraiment une langue internationale, universelle.

Et c’est l’entracte qui nous permet de souffler un peu et pour nos auditeurs de se restaurer et de se détendre. La lumière décline jusqu’à disparaître derrière les Vosges. La nuit s’installe doucement et la grande paix des hauteurs contraste avec l’activité bourdonnante qui règne ici, à Uffholtz. Il ne nous reste plus que les projecteurs et les lampions qui laissent glisser une ambiance de kermesse sur nos têtes.

Puis, Christelle et Bertrand reprennent le micro et font presque cesser les agapes pour entamer la deuxième partie. Les tirailleurs reprennent place sur la scène. Cette fois, ils sont en uniforme kaki, impeccable. Le major, baguette en main, commande ses musiciens qui réagissent comme un seul homme.

La baguette se lève et les notes s’envolent aussitôt avec du Piaf notamment. Puis un accordéon miaule ses accords. C’est un pur délice. Six morceaux de grande musique plus tard, il faut meubler le temps, occuper la scène pendant qu’on la déménage. Quatre minutes, c’est long mais nos deux animateurs s’en tirent à merveille. Et reviennent les cors des Alpes pour de nouveaux quelques morceaux graves et profonds. Moi, le cor d’appartement d’Audrey me fascine. A l’issue, Bertrand l’accapare pour lui poser plusieurs questions sur son instrument en attendant les « Highlander » suisses qui ne se montrent pas. Il faut meubler le temps et la scène. « Pas de blanc ! » Pense Bertrand. Alors il improvise et explique l’histoire de la cornemuse et du tambour et enfin il aperçoit les cornemuses qui arrivent de nulle part. Il fallait qu’elles s’accordent. Intérieurement, il souffle et les introduit sur la scène pour leur deuxième tableau tout aussi époustouflant que le premier. Des regards complices s’échangent entre notre grenadier et Christian, le président des « pipes ». Le public approuve et entre en communion. Puis, ce sera notre tour de monter sur scène en grande tenue cette fois. L’obscurité et les lumières artificielles font resplendir nos uniformes pendant une quinzaine de morceaux choisis par notre état-major. On sent l’attention du public. Il est captivé. Pourtant, ce n’est encore rien car je connais le final qui va venir et ce sera l’apothéose. Les grognards saluent une dernière fois mais restent sur scène et viennent les rejoindre les tirailleurs pour trois morceaux en commun, trois marches. Le public entre en transe littéralement.

Enfin, le final toutes formations confondues pour « Amazing Grace » et surtout un « Highland cathedral » qui achèvera de conquérir notre public et qui fera pleurer Cynthia d’émotion. Le major Fleck est aux anges. Je le vois comme je vois aussi l’émotion du « pipe major ». Puis les dernières notes se taisent et une « standing ovation » salue tous les musiciens et les remercie. Un bis est demandé mais il n’est pas prévu. Les militaires ont un service le lendemain de bonne heure. La décision en revient au major qui en fait n’hésite pas longtemps. Nous rejouons « Amazing grace » et un déluge d’applaudissements viendra clore ce troisième open-air organisé par l’AGSEU, le foyer Saint-Erasme et les grognards.

Enfin, il est temps de se séparer mais ce ne sera pas sans boire un dernier verre, celui de l’amitié. Un grand merci à Alain, José, Gérard, Jean-François et tous les autres pour leur engagement dans la préparation et l’accomplissement de cette soirée formidable.

Campagne

 

 

 

 

 

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